Réflexions

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Réflexions

Message  Flore le Mar 7 Déc - 16:54

Un jour, un homme dont je compris par la suite qu’il n’était qu’un imbécile m’avait dit de ne pas m’inquiéter et de sourire, qu’il n’y avait pas de fins, juste des débuts. Le début d’autre chose. Je dus constater par la suite qu’il avait raison et c’est probablement la seule chose que je retiendrai de lui. Du moins la seule chose dont je ne lui tiendrai pas rigueur.

Il m’avait dit aussi qu’il aimait écrire, d’ailleurs il écrivait, pour le plaisir. Une sorte d’autobiographie. Je l’avais soupçonné d’être un peu vaniteux mais au final je me demande s’il ne faisait pas cela uniquement pour avoir l’impression d’exister, d’avoir une emprise sur sa vie. Il modifiait, changeait des contextes, faisait de chaque détail un épisode de la plus haute importance. J’eu la chance de lire son texte… peut être avait il tord, peut être pas… En tous cas, je me souviens avoir aimé démêler le vrai du faux tout en parcourant les lignes, partagée entre le désir de fuir ses phrases trop intimes et celui de me plonger dans chaque réflexion qu’il me faisait partager.

En y réfléchissant mieux il m’avait dit beaucoup de choses mais quoi qu’il en soit, je ne suis pas là pour vous raconter sa vie.


Il fut la fin d’une période ou plutôt le début d’une autre et c’est pour cela qu’il marqua ma vie : on oublie jamais une période de transition. Aussi suis-je résignée à ce qu’il ne quitte jamais vraiment mes pensées.
A cette époque, j’écrivais déjà moi aussi mais je détestais la trame de fond, le pastel de l’histoire d’amour qui collait à mon texte. J’avais longuement réfléchis à ce lien, à ce fond : il fallait une motivation à mon héroïne. A priori les passions principales de l’Homme sont au nombre de quatre : l’amour, l’argent, la popularité ou le sexe. Je n’avais pas envie de me lancer dans la littérature de l’érotisme, je n’aurais su décrire fidèlement la popularité et la passion de l’argent empêche d’avoir une histoire : voilà comment c’était tombé sur l’amour. Je lui avais demandé conseil et c’est comme cela qu’il était entré dans ma vie sans que je ne me doute qu’il n’en sortirait plus. Au début je ne me rendis même pas compte de la place croissante qu’il allait occuper et quand je réalisais enfin il était trop tard.
Je ne suis pas là pour vous parler de sa vie mais pour vous conter cette histoire je dois quand même évoquer la sienne.









Après notre rencontre j’aurais pu tenir un journal intime, consulter un psy, commencer à fumer… j’ai choisi d’écrire.
Pas mon histoire, ni la sienne, non, juste une histoire. Un peu de moi, de lui, des autres.
Un peu de souvenirs et un peu de rêves.
Beaucoup d’invention et beaucoup d’imagination.
Je voulais que cette histoire soit comme toutes celles qu’on puisse connaitre, qu’elle commence sans raisons apparentes mais je voulais aussi que comme chaque chose qui nous touche, elle soit unique. Je voulais qu’on puisse la prendre en cours de route et l’abandonner plus loin. Je voulais qu’on puisse y entre et en sortir en ayant l’impression de la comprendre quand même. Même si pour la comprendre réellement il fallait avoir pris connaissance de chaque détail, de chaque virgule, de chaque point.
En fait je voulais une histoire qui soit une vie, qu’elle commence par il était une fois mais qu’elle ne s’achève pas sur le mot fin, elle devrait s’achever par le début d’autre chose. Elle serait le conte et sa suite.
Je ne voulais respecter aucune règle d’écriture puisque je voulais une vie et que c’est bien connu, la vie ne suit aucune règle. Si ce n’est peut être pour son commencement, alors, va pour « il était une fois ».










Il était une fois des souvenirs. Flous, erronés, modifiés sans doute mais c’est là le propre du souvenir. Il n’est pas fiable, il s’échappe, se fragmente, disparait, resurgit. Il glisse, s’enfuit quand on essaye de se le remémorer, revient quand on ne s’y attend pas. Je n’ai jamais gardé beaucoup de souvenir. Quelques instants, quelques détails mais rien de précis. Tous plutôt tardifs à quelques exceptions près. Comme si mon esprit n’avait pas voulu fixer le passé convenablement.
Le plus ancien doit être celui d’une barre au chocolat dans la cuisine de ma grand-mère et du lilas de l’autre côté de la fenêtre. Ce qui est dommage c’est que je ne me rappelle plus que cette barre au chocolat avait d’important.
Ce qui est bien avec cette histoire c’est que quand j’aurai atteint le bas de cette feuille, quand j’aurai tourné la page, je pourrai parler de tout autre chose. Selon l’humeur.

Arrivé au bout d’un moment, l’héroïne de sa vie change d’idées, de rêves ou de présent, parfois cela même sans transition alors…
Plus qu’une ligne avant la page suivante. Comme je m’étais dit plus que cinq minutes, je lui dis au revoir et je l’oublie.






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Re: Réflexions

Message  Lyr le Mer 8 Déc - 12:23

"Reflexions" Ce sera le titre?

Ton texte est assez étrange: on dirait à la fois une part de journal intime, de dialogue et aussi de conte.
Bien écrit en t cas

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